LES CHRONIQUES DE L’ILE SANS NOM – Chapitre 14 : Le Point de Jonction

SILAS
Je m’étais juré de ne jamais courir sous terre.
Mais là, je cours.
Je ne sais plus ce que j’ai vu — une ombre mécanique glissant sur le mur, ou ma propre silhouette dédoublée. Je l’ai suivie quelques mètres, et maintenant le couloir est autre. Le métal est devenu pierre. Les murs respirent par impulsions lentes.
Soudain, un son.
Une voix.
— Langsteel !
C’est Eva.
Je m’arrête. Je tends l’oreille.
— Silas ! Ici !
— Eva ?!
Mais le son vient de plusieurs directions à la fois. Les échos se moquent de moi. Certains sont trop proches. D’autres déformés, comme s’ils venaient d’une bouche qui imite.
Et puis… une note métallique.
Un carillon, grave, sourd.
Je décide de le suivre. Parce que c’est la seule chose constante.
Quelques pas plus loin, un couloir s’élargit.
Et là, dans la pénombre, une silhouette.
Dos tourné. Immobile.
Eva ?
Je m’avance.
— Eva ?
La silhouette se tourne.
Mais ce n’est pas elle.
Pas tout à fait.
Son visage est flou. Mouvant. Il prend les traits d’Eva, puis ceux de moi-même.
Puis… il sourit.
Et se dissipe en une poussière noire.
EVA
Elle avance lentement.
Depuis qu’elle a détruit son reflet, les couloirs sont devenus plus lumineux, comme si l’endroit l’acceptait enfin.
Elle entend des voix. Plusieurs. Lointaines. Elle reconnaît celle du professeur qui marmonne, puis celle de Silas, presque en colère.
Elle accélère.
Mais les couloirs s’ouvrent en spirales descendantes, puis remontent. Les murs suintent une sève sombre. Parfois, elle croit marcher dans un organisme vivant.
Puis elle arrive dans une pièce ronde.
Au sol : trois pierres dressées, disposées en triangle.
Et à côté de l’une d’elles… le manteau du professeur.
Elle s’en approche, le prend dans ses mains. Il est encore chaud.
Puis un bruit de pas derrière elle.
Elle se retourne. Rien.
Mais au mur, un mot vient d’apparaître. Gravé dans la chair du mur comme une cicatrice :
“Approche.”

PROFESSEUR HAWBLACK
Il est épuisé. Il a traversé un couloir fait de verre semi-réfléchissant, où son propre corps semblait se répliquer à l’infini. Il a vu ses souvenirs défiler sur les murs : sa jeunesse, une conférence à Harvard, le regard de sa mère mourante, la première fois qu’il a douté de son intelligence.
Il a marché sans but.
Jusqu’à ce qu’il entende, très clairement :
— Simon.
Il s’arrête. Il n’a pas entendu son prénom ainsi prononcé depuis des années. Ce n’était pas Eva. Ni Silas. C’était une voix plus grave. Plus ancienne.
— Simon Hawblack…
Puis, le bruit d’un mécanisme. Un engrenage. Une pression de vapeur.
Un mur s’ouvre. Littéralement. Une section pivote, révélant un corridor plus large.
Il s’y engage, tremblant.
Et au loin, il entend des pas. D’autres pas.
Peut-être pas les siens, enfin.
Et alors, au détour d’une arche, il tombe nez à nez avec…
Eva.
Elle le fixe. Lui aussi.
Silence.
Puis elle lâche, presque rassurée :
— Vous êtes vivant, alors.
— Ce n’est pas certain. Mais je suis content de le croire.
Quelques instants plus tard, un battement.
Un pas.
Une lumière.
Et Silas surgit dans le couloir, le visage ruisselant de poussière.
— Vous deux… enfin.
Ils ne se parlent pas tout de suite.
Mais ils se regardent comme s’ils revenaient d’un rêve différent. Chacun avec une pièce du puzzle, mais aucune image complète.
Au sol, à leurs pieds, un nouveau passage vient de s’ouvrir.
Large. Obscur. Descendant.
Et au-dessus de la voûte :
Un symbole gravé en lettres de feu :
“PROFONDEUR UN.”

- Texte de ChatGPT en collaboration avec Morbius / Idée originale de Morbius / Illustrations de ChatGPT -
PROCHAIN CHAPITRE :
La Profondeur 1
(utopialeblog1@gmail.com)

































Commentaires récents